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La société civile, au coeur des négociations climatiques

Les citoyens ont, dès l'origine, été associés aux négociations sur le climat. Le rôle des ONG ou des universitaires dans leur évolution est aujourd'hui largement reconnu, même s'il existe parfois des tensions entre négociateurs officiels et représentants de la société civile.

Une implication ancienne dans un cadre officiel

Cela fait bientôt quarante ans que l'ONU a appelé la société civile à s'engager sur les questions d'environnement, et donc de climat. Lors de la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement Humain (CNUEH) en 1972 à Stockholm, que l'on retiendra a posteriori comme le premier Sommet de la Terre, les participants décident de créer le PNUE, Programme des Nations Unies pour l'environnement, et lui intiment de « fournir les moyens de stimuler la participation active des citoyens et [de] mettre en avant l’intérêt et la contribution des organisations non-gouvernementales pour la préservation et le développement de l’environnement. »

Depuis 1972, le PNUE a réaffirmé lors de chaque Sommet de la Terre les liens qui l'unissent à la société civile, cherchant toujours à les renforcer. Ces principes sont inscrits dans l'Agenda 21.

Les Conférences des Parties (COP) de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) sont ouvertes à la société civile, à travers le statut officiel d'observateur. On y trouve bien évidemment des ONG réputées pour leur engagement, comme le WWF ou la Fondation Nicolas Hulot, mais aussi des universités, témoignant de l'implication des scientifiques : l'Imperial College de Londres, l'université de Stanford, ou l'Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI) de Sciences Po Paris.

Soulignant le caractère fondamental des contributions universitaires, François Gemenne, professeur à Sciences Po, explique que les scientifiques s'apparentent à des "entrepreneurs politiques", en raison de leur "capacité d'amener une question à l'agenda politique", notamment par l'intermédiaire des rapports du GIEC.

Des acteurs organisés, des points de vue différents

Un nombre important des ONG assistant aux négociations appartiennent au Réseau Action Climat (en anglais CAN pour Climate Action Network), qui regroupe 500 associations du monde entier. Leur but est de peser sur les débats, grâce à l'expérience reconnue de leurs différents membres et à leurs relais médiatiques. Toutes les organisations qui gravitent autour des COP ne sont cependant pas des enfants de choeur : beaucoup représentent des intérêts industriels et leur action est un vrai lobbying.

Enfin, parallèlement aux cycles de négociations menés sous l'égide de l'ONU, il existe des sommets alternatifs, qui rassemblent des citoyens engagés mais désabusés par la CCNUCC. Plusieurs se sont tenus au même moment que la Conférence de Cancùn, pour remettre en cause la légitimité de celle-ci. L'ONG Via Campesina a notamment organisé un forum alternatif qui s'est conclu par la visite du président bolivien Evo Morales, opposant principal aux conclusions de Cancun.

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