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Le cadre des négociations climatiques

Dans son Bloc-notes, François Mauriac écrit laconiquement qu'il « ne sert de rien à l’homme de gagner la Lune s’il vient à perdre la Terre.» Les négociations internationales sur le climat naissent avant tout d'une prise de conscience par la société du danger qu'il y a à maltraiter la Planète.

Le climat, un enjeu politique international

Avec l'émergence de la mondialisation durant les Trente Glorieuses, il devient de plus en plus difficile de soutenir que la croissance nationale est autonome, "endogène", et qu'elle peut ignorer les déterminants de son environnement. En 2011, la question climatique est au coeur des relations internationales et constitue un sujet majeur de négociations multilatérales, tant il est évident que seules des actions communes pourront avoir un réel impact.

Alors que paraît le fameux rapport du Club de Rome, Halte à la croissance ?, la Conférence de Stockholm de 1972 marque une étape fondamentale, en initiant la coopération internationale en matière environnementale. Elle aboutit à la création du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), qui organisa la première réunion politique de travail sur le climat en 1985.

C'est à la fin des années 1980 que s'impose la nécessité d'un cadre institutionnel de négociations qui rassemblerait tous les acteurs, qu'ils soient étatiques ou non. Dès 1988 est mis en place le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), récompensé par le Prix Nobel de la Paix en 2007. L'étape décisive est la création en 1992 de la CCNUCC, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

La nécessité d'une gouvernance mondiale

Depuis l'entrée en vigueur de la CCNUCC en 1994, les négociations sur le climat ont lieu dans le cadre de rencontres annuelles, ou Conférences des Parties (COP). Elles rassemblent désormais 193 Etats et des centaines d'ONG, comme ce fut le cas à Cancùn en décembre 2010. Tous les pays participants ne sont pas des hérauts du développement durable, mais sont convaincus des conséquences économiques catastrophiques qu'engendrerait une dégradation progressive du climat.

En 1997, le Protocole de Kyoto est une marche supplémentaire dans le processus d'action mondiale, prévoyant une réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays développés sur la période 2008-2012. Mais il illustre paradoxalement les difficultés de la négociation internationale, puisque le principal pollueur de l'époque - les Etats-Unis - ne l'a pas ratifié.

L'attribution du Prix Nobel de la Paix 2007 conjointement au GIEC et à Al Gore consacre symboliquement l'entrée de la préoccupation climatique dans la vie quotidienne des citoyens. La coopération internationale s'en trouve renforcée, malgré de fréquents ratés.

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