copenhague2009

Copenhague 2009 : des objectifs pas assez ambitieux

Les 193 pays qui participaient au sommet  de Copenhague se sont quittés sur un accord politique obtenu à l’arrachée. Le document présentait alors une liste d’engagements non contraignants et surtout un tableau vide dans lequel les nations devaient ajouter à titre individuel leurs objectifs de réduction de gaz à effet de serre. Le délai de « remplissage » était fixé au 31 janvier.

1er février 2010 donc, c’est un peu la rentrée des classes pour les négociations sur le climat. Le délai est respecté, mais le mois et demi de réflexion n’aura finalement pas abouti à grand chose, si ce n’est à une nouvelle frustration. La Convention-cadre, qui régit les négociations sur le climat (CCUNCC), annonce que 55 pays ont envoyé leurs objectifs de réduction d’ici à 2020. 55 nations qui représentent 78% des émissions mondiales de GES.

Des propositions insuffisantes

Problème, ces engagements ne permettent pas de rester sous la barre des 2°C comme le préconisent les experts du GIEC (voir le détails des objectifs ci-après). Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention-cadre, demande aux pays d’être plus « ambitieux pour se montrer à la hauteur du challenge ».  Plus grave, cette limite des 2°C est inscrite dans l’accord politique approuvé à Copenhague. Les pays ne respectent donc pas leur engagement.

Dans un communiqué, le Réseau Action Climat, qui rassemble les ONG spécialistes des questions climatiques, estime que « l’écart se creuse entre l’objectif scientifique des 2°C et les objectifs politiques annoncés qui nous emmènent vers 3, voire 4°C d’augmentation de la température globale ».

Quel avenir pour les négociations?

La feuille de route jusqu’à la prochaine conférence sur le climat, qui se tiendra au Mexique fin novembre 2010 (COP 16), indique que les nations se réuniront d’abord sous l’égide de la Convention-cadre (donc de l’ONU) fin mai 2010 à Bonn. Seulement, face à l’enlisement des négociations les Etats appellent à la tenue d’autres sessions de préparation.

Mais, la question du cadre dans lequel doivent s’organiser ces rencontres se pose. Pour les pays en développement, il ne faut pas de sortir du schéma de l’ONU et cinq réunions doivent se tenir avant la prochaine COP au Mexique. Alors que pour les pays industrialisés, Copenhague a démontré les limites de système onusien : il est trop difficile de négocier à 194. Selon l’agence Reuter, Nicolas Sarkozy aurait appelé pour des rencontres mensuelles entre les pays du G28, ce groupe représentatif de toutes les tendances au sein des Nations Unies et qui a obtenu le fameux accord de Copenhague.

Un pessimisme affiché

Autre problème, le délai du 31 janvier ne concernait que les réductions de gaz à effet de serre. La question de l’aide au financement pour les pays pauvres et en développement doit encore être débattue et franchir le cap des promesses.

Avec l’échec de Copenhague, les observateurs et négociateurs sont à présent ouvertement pessimistes. John Prescott, rapporteur de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) sur le changement climatique, a même tenu des propos alarmistes. Selon l’ancien Vice-premier ministre britannique, un accord à Mexico est impossible. « Je me fiche de savoir s’il s’agit de ministres ou d’ONG, s’ils pensent que l’on peut signer un accord légalement contraignant d’ici novembre au Mexique, je n’y crois pas ». Si les esprits s’échauffent avant même d’avoir entamé cette nouvelle salve de négociations, cela ne s’annonce pas très positif pour la température de la terre. Ou peut-être un peu trop.   

L'info en plus : Réduction de gaz à effet de serre, qui propose quoi? 

  • Australie : réduction de 5% à 15%, voire 25% en cas d’accord international, par rapport aux niveaux de 2000. 
  • Canada : baisse de 17% par rapport à 2005 et alignement sur la position américaine. 
  • Union Européenne : -20% par rapport aux niveaux de 1990 et -30% dans le cas d’un accord global selon lequel les pays industrialisés s’alignent sur cet objectif et si les pays en développement s’engagent en proportion de leurs émissions et selon leurs possibilités.  
  • Japon : réduction de 25% par rapport à 1990. Norvège : baisse de 30 selon les niveaux de 1990. Si les pays s’engagent à ne pas dépasser la limite de 2°C, la Norvège annonce s’imposer une baisse de 40% de ses émissions de GES. 
  • Russie : réduction entre 15 et 25% par rapport à 1990. 
  • Etats-Unis : 17% de réduction par rapport à 2005 (équivaut à 4% par rapport à 1990) en conformité avec la proposition de loi actuellement à l’étude au Congrès américain. Dans le cas où cette loi serait votée, les Etats-Unis visent également une baisse de 30% pour 2025, 42% pour 2030 et 83% pour 2050, toujours selon les niveaux de 2005. Tout ceci rapporté à 1990 équivaut à 7% pour 2025, 10% pour 2030 et 20% pour 2050. 

Comme annoncé à Copenhague, les pays en développement se basent sur une réduction de leur intensité carbone (émissions de GES par point de croissance). 

  • Chine : réduction de 40 à 45% par rapport à 2005.
  • Inde : baisse de 20 à 25% par rapport à 2005.Brésil : baisse de 36 à 39% grâce à la lutte contre la déforestation. 

Retrouvez les objectifs détaillés des pays industrialisés et en développement sur le site de la Convention-Cadre des Nations Unis.

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