flux-refugies-climatiques

Flux migratoires et instabilités politiques

L'inégale menace que fait peser sur les pays du globe le changement climatique est une source potentielle de tensions, voire de conflits. Les flux migratoires induits par les mutations environnementales sont en effet à même d'attiser des contentieux existant, ou bien tout simplement d'en créer de nouveaux.

La communauté internationale doit s'adapter

Les observateurs patentés des négociations sur le climat (universitaires, ONG) regrettent régulièrement que la question des déplacés n'occupe pas une place plus importante dans les discussions. Outre l'absence de statut pour les réfugiés climatiques, il n'existe pas non plus de politique globale visant à coordonner l'accueil des réfugiés. Si le HCR (Haut Commissariat pour les Réfugiés) commence à s'intéresser à la question, il l'a longtemps occultée, arguant qu'elle sortait du cadre de la Convention de Genève de 1951.

Le HCR considère les déplacés de l'environnement comme des migrants, qui font le choix de partir en quête d'un cadre de vie plus propice. En conséquence, l'agence refuse pour l'instant tout rôle dans la gestion de ces flux migratoires, bien qu'elle en reconnaisse l'enjeu. António Guterres, le Haut Commissaire, estime ainsi que "les changements climatiques deviendront, dans un futur proche, le facteur majeur pour les déplacements de populations tant au sein des pays qu'au-delà des frontières nationales".

Le HCR a exceptionnellement mis sur pieds des opérations d'envergure après le tsunami de 2004 en Asie du Sud-Est et le tremblement de terre au Cachemire l'année suivante.

Un phénomène belligène

Une étude menée par des universitaires américains de Stanford, Berkeley, Harvard et New-York, estime que le changement climatique et les migrations qu'il entraîne pourraient augmenter la fréquence des guerres civiles de 50% en Afrique en 2030, par rapport à 1990. De façon très concrète, le gouvernement indien a entamé l'édification d'un mur à sa frontière avec le Bangladesh pour stopper l'immigration clandestine, en nette augmentation depuis les fortes inondations qui frappent régulièrement son voisin.

Récemment, l'Australie a rejeté une demande d'asile de la part de citoyens de Tuvalu, micro-Etat du Pacifique menacé par la hausse eustatique - qui concerne toute la planète - du niveau des mers. On estime que 3 000 Tuvaluans ont rejoint la Nouvelle-Zélande, anticipant une montée des océans.

Ces tensions politiques et diplomatiques se doublent de situations critiques dans des Etats réputés stables. L'exemple de l'ouragan Katrina est édifiant : en 2005, environ 250 000 personnes fuirent la Louisiane pour la ville de Houston, ébranlée par l'afflux soudain de tant de réfugiés.

S'il ne faut pas dramatiser à l'excès le phénomène des migrations climatiques, les risques qu'il engendre sont néanmoins bien réels. Ban ki-Moon en personne affirme qu'il est en partie à l'origine du conflit au Darfour.

A découvrir

Qui sont les réfugiés climatiques?

Qui sont les réfugiés climatiques?

En l'absence d'une terminologie juridique reconnue, les "réfugiés climatiques"...

Pas de statut juridique pour les réfugiés climatiques

Pas de statut juridique pour les réfugiés

De plus en plus fréquemment utilisé dans la presse ou par les ONG, le terme de...

Annonces idlead