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Qui sont les réfugiés climatiques?

En l'absence d'une terminologie juridique reconnue, les "réfugiés climatiques" sont susceptibles d'être désignés par des mots différents, de sens plus ou moins restrictif. Ces questions sémantiques déterminent un enjeu plus grand : la définition d'un statut clair inscrit dans le droit international.

Emergence d'une définition

Le premier à employer le terme de « réfugiés climatiques » (« climate refugees » en anglais) fut le chercheur égyptien Essam El-Hinnawi, dans un rapport pour le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) en 1985. A l’époque, le phénomène est encore marginal, et seule l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) le porte à l’oreille de la communauté internationale.

Pour l’OIM, « les réfugiés de l’environnement sont des personnes ou groupes de personnes qui, en raison de changements soudains ou progressifs de leur environnement affectant leur vie ou mode de vie, sont contraints de quitter leur lieu de résidence, ou choisissent de le faire, de façon temporaire ou permanente, et qui se déplacent dans leur propre pays ou à l’étranger. »

L'emploi du terme « réfugiés de l'environnement » englobe des situations plus larges. Outre les personnes déplacées par des événements liés au changement climatique (sécheresses, cyclones et autres inondations), il désigne aussi les victimes de catastrophes écologiques et naturelles (tremblements de terre, éruptions volcaniques...). Le mot-valise « écoréfugiés » est d'ailleurs de plus en plus utilisé dans les médias.

Jusqu’à présent, les réfugiés climatiques étaient surtout des agriculteurs ou pêcheurs. Mais depuis quelques années, leur profil se diversifie avec la multiplication des menaces. Si on les estime aujourd’hui à 50 millions de personnes, les prévisions de l’ONU et des ONG sont assez alarmantes : d’ici 2050, ce sont 200 millions de personnes qui pourraient être concernées. Beaucoup d’entre elles verraient leur lieu de vie disparaître sous les eaux ou bien être envahi par le désert.

Une terminologie évolutive

La notion de réfugiés climatiques n'est pas reconnue par le droit international, fondé sur la Convention de Genève de 1951. Lors du Forum mondial des Droits de l’Homme de juillet 2008, sous l’égide du Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR), une table ronde s’est penchée sur ce problème du statut et du droit, qui concerne aussi les réfugiés économiques (ceux qui fuient la misère). Le collectif français Argos, très engagé dans la défense des migrants écologiques, y a notamment participé.

Il convient donc d'être prudent dans le choix des termes employés, note François Gemenne, chercheur à l'IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales). Parler de « déplacés de l'environnement »correspond davantage à la réalité juridique. Cela comprend à la fois les migrants, volontaires, et les réfugiés, contraints par la nature.

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