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La conférence des peuples de Cochabamba

En soulignant l'insuffisance des décisions prises à Copenhague, Evo Morales, président bolivien largement réélu en 2009, a invité les ONG, les peuples et les mouvements sociaux à établir des mesures plus contraignantes afin de limiter le changement climatique. La conférence des peuples de Cochabamba (Bolivie) a donc ouvert des négociations alternatives.

Le procès des pays développés

Lors de la conférence tenue à Cochabamba du 19 au 22 avril 2010, l'Europe et les Etats-Unis ont subi la critique virulente des participants. Dans son discours d'ouverture, Evo Morales a vivement condamné la responsabilité du Nord  dans le changement climatique. "Le capitalisme est la cause du problème et doit disparaître", a-t-il lancé à l'adresse des pays industrialisés.

Près de 20 000 personnes, acteurs du débat climatique ou victimes du "réchauffement",  ont été conviés pour évoquer, outre les supposés méfaits du système capitaliste sur l'environnement, la mise en place de cadres institutionnels indispensables à l'avènement d'une justice climatique. La conférence de Cochabamba réclame l'adoption de 2 grandes mesures :

  • La formation d'un tribunal international de justice climatique et environnementale
  • La tenue d'un réferendum mondial

Aux dires du représentant bolivien à l'ONU, Pablo Solon, l'Etat bolivien n'hésitera pas "à déposer plainte contre les pays développés [...] devant la Cour internationale de justice" si aucun concensus international n'est trouvé sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

La déclaration de Cochabamba

Après la conférence controversée de Copenhague (COP 15) et en prévision du sommet de Cancún (COP 16), 17 groupes de travail se sont penchés sur l'élaboration d'un texte associé à cette toute première rencontre des peuples sur le changement climatique. Afin d'être prise en compte lors des négociations futures, la "Déclaration universelle des droits de la Terre mère" a été présentée par Morales à l'ONU. Elle appelle de ses voeux "la fondation d’un nouveau système rétablissant l’harmonie avec la nature".

Souhaitant dépasser les objectifs fixés à Copenhague, cette déclaration finale envisage, d'ici 2020, une réduction de 50 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Une ambition apparemment difficile à réaliser pour les pays industrialisés. Un tel programme permettrait néanmoins de limiter la hausse des températures à 1 °C d'ici la fin du siècle. 

En plus de ses propositions institutionnelles, la Déclaration dénonce le non-respect par certains pays développés des obligations imposées par la CCNUCC et le protocole de Kyoto. Autant dire que la conférence de Cochabamba a réveillé de vives tensions, quoique larvées, entre les pays riches et les pays en développement.

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