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Climato-scepticisme, nouveau "négationnisme"?

En dépit des preuves scientifiques avancées par le GIEC, l'origine anthropique du changement climatique reste controversée. En France ou aux Etats-Unis, certains acteurs de la scène politique, économique et scientifique, à l'instar de Claude Allègre dans son dernier ouvrage, dénoncent un phénomène d'"Imposture climatique" (Plon, 2010).

Le refus des origines anthropiques du changement climatique

Depuis le début des années 2000, les climato-sceptiques prétendent rétablir des vérités sur l'état actuel du climat en dénonçant l'instrumentalisation des sciences et de l'information. La notoriété de certains d'entre eux (Vincent Courtillot, Jean-Louis Le Mouël ou Richard Lindzen) leur vaut un écho médiatique non négligeable. Dans un article du 7 avril 2008, Le Monde parlait d'un "art de la perturbation", tout en relativisant leur impact sur le consensus scientifique.

En France, Claude Allègre incarne le courant du climato-scepticisme, et soulève régulièrement la polémique en condamnant la "fausse écologie". Il condamne un discours "alarmiste" qu'il pense dicté par des intérêts économiques et politiques. Allègre sous-estime notamment le rôle des activités humaines dans le changement climatique et minimise l'impact du CO2, mais ses ouvrages demeurent vivement contestés par la communauté scientifique.

Une contestation organisée

Institué en 1988 pour évaluer l'influence des activités humaines sur le changement climatique, le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) est un organe visant à mesurer "sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective" les informations scientifiques et techniques liées au climat. Les rapports publiés par le GIEC depuis 1990 ont pourtant fait l'objet de plusieurs critiques, à commencer par celles d'une organisation d'industriels américains entre 1989 et 2002, la Global Climate Coalition (GCC).

Réfutant notamment l'impact des gaz à effet de serre sur l'évolution du climat, ce groupe, financé entre autres par British Petroleum, Exxon, General Motors et Ford, constituait l'un des plus puissants lobbies pétroliers. Malgré sa dissolution en 2002, ses membres restent très actifs.

La critique des allégations scientifiques du GIEC n'est pas seulement le fait de l'administratrion Bush et du lobby pétrolier farouchement hostiles au protocole de Kyoto. Elle émane également de quelques chercheurs comme Christopher Landsea ou Richard Lindzen, tous deux démissionnaires du GIEC et qui, tout en admettant l'impact des gaz à effet de serre dans les changements climatiques, refusent certaines conclusions du GIEC sur l'évolution du climat.

Dans un article paru en avril 2010 dans le Wall Street Journal, Richard Lindzen, professeur des sciences de l'atmosphère au MIT (Massachussetts Institute of Technology), dénonce ainsi cette "fièvre alarmiste" nourrie par "le triangle infernal" des climatologues, des activistes et des décideurs. Mais ces critiques dénoncent davantage des conflits d'intérêts que des erreurs de nature scientifique.

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