climategate

Le scandale du climategate

Deux semaines avant la Conférence de Copenhague, en novembre 2009, un scandale scientifique d'ampleur internationale a éclaté avec la divulgation de courriels contenant des données relatives au changement climatique. Il s'agirait d'informations manipulées par de hauts responsables du Climatic Research Unit, le centre de recherche sur le climat de l'Université d'East Anglia. Le scandale s'est diffusé sous le nom de Climategate.

La mise en cause du GIEC et du CRU

Deux grandes institutions de la recherche sur le changement climatique, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et le Climatic Research Unit (CRU) ont été mis à mal lors du dévoilement de milliers de courriels rédigés par des chercheurs reconnus. L'un des e-mails envoyés par Phil Jones, le directeur du CRU, fait référence à "une astuce" qu'aurait employée Michael Mann, l'auteur de la courbe "en crosse de hockey". Pour les climato-sceptiques, ce graphique maquillerait des variations de température observées au Moyen-Age et durant le petit âge glaciaire.

Phil Jones a dénoncé ce piratage extérieur et affirmé que ses déclarations ne pouvaient être interprétées hors de leur contexte. Il n'a cependant pas démenti l'authenticité des informations contenues dans ces courriels. Certains climatologues du CRU se sont alors vu reprocher la manipulation des données parues dans les rapports du GIEC.

Une commission d'enquête indépendante (Independant Climate Change Email Review) a conclu en juillet 2010 que les accusations dirigées contre Phil Jones n'étaient pas suffisantes. Le fichier des 1073 e-mails publiés sur internet a néanmoins ravivé le courant climato-sceptique qui, à deux semaines de la Conférence de Copenhague, a sauté sur l'occasion pour contester les conclusions du GIEC. Nommé ainsi en référence au scandale politique du Watergate, le Climategate a semé un certain trouble auprès du grand public.

Les signes d'une imposture ?

Des informations révélées sur la Toile, il ressort en premier lieu que la thèse centrale du réchauffement climatique, largement véhiculée par les médias, nourrit encore des débats entre chercheurs. La fameuse "astuce" évoquée par Phil Jones met en cause les chiffres publiés dans les rapports du CRU. Dans l'un des courriels, le chef de département d'analyse du climat, Kevin Ternberth, fait mention d'une "déficience" dans le système d'observation des chercheurs.

La mèche allumée par le Climategate n'aura pourtant pas suffit à discréditer le travail du GIEC, malgré les tentatives d'instrumentalisation. Le poids des facteurs anthropiques dans le changement climatique reste l'objet d'un consensus majoritaire.

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