Tycho Brahe Copenhague 2009

48 heures pour sauver le climat à Copenhague

Il reste 48 heures aux délégations pour s'entendre sur un accord international sur le climat. Jeudi 17 décembre sera marqué par l'arrivée de grands pontes : Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, Gordon Brown. Il faudra patienter jusqu'à vendredi pour voir Barack Obama s'exprimer à la tribune du Bella Center. Une journée également marquée par une sécurité extrêmement renforcée.

  • Vendredi 18/12 - Bella Center - 3h du matin

Nicolas Sarkozy ne passera pas devant la poignée de journalistes encore présente au Bella Center. Sur le twitter de l'Elysée, « Fin de réunion #Cop15: de la discussion doit naître un projet de texte. Le PR rentre à l'hôtel pour expliquer la situation aux journalistes ». Mauvaise pioche pour ceux qui ont fait le pied de grue devant la salle de réunion au Bella Center. Il fallait simplement attendre à l'hôtel du Président...

  • Vendredi 18/12 - Bella Center - 02h15 du matin

L'ambiance est lourde. La réunion des chefs d'Etats et de Gouvernements s'est terminée vient de se terminer. Il est plus de 2h du matin. Le ministre de l'Environnement brésilien Carlos Minc a déclaré que « la base d'un accord politique » pourrait être discuté et accepté aujourd'hui, dernier jour des négociations. D'après nos sources brésiliennes, un accord aurait d'ores et déjà été trouvé concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à savoir 80 % d'ici à 2050 pour les pays développés. La moyenne de tous les pays, développés et en voie de développement, devrait atteindre 50 % de réduction. Les Brésiliens parlent également d'un « accord sur la limite maximale de l'augmentation de la température » à la surface de la Terre. La limite du réchauffement à 2° aurait été acceptée, d’ici à la fin du siècle. Enfin, un financement moyen de 50 milliards de dollars par année devrait commencé dès 2015 et de 100 milliards de dollars à partir de 2020.

A l’issue de la rencontre d'hier soir, seul le négociateur en chef de l’Algérie, présent à la réunion entre les 26 chefs d’Etats, a accepté de donner quelques informations devant les caméras.

Cette vidéo pourrait laisser penser que les négociations ont avancé. Mais les déclarations du président Lula viennent contredire ce sentiment : « Je souris parce que sinon je pleurerai », aurait-il déclaré aux journalistes qui l’attendaient à son hôtel. Pas un mot de plus. Mais suffisant pour comprendre la difficulté d'avancer malgré le déplacement de 110 chefs d'Etats et de Gouvernements.

  • Vendredi 18/12. Centre de presse du Bella Center. 00h10.

Négociations pour les chefs d'Etats et de Gouvernements. Attente et patience pour les journalistes. La nuit s'annonce longue.

  • Jeudi 17/12. Centre de presse du Bella Center. 00h10.

Négociations pour les chefs d'Etats et de Gouvernements. Attente et patience pour les journalistes. La nuit s'annonce longue.

  • Jeudi 17/12. Bella Center. 23h.

La réunion au sommet demandée par Nicolas Sarkozy et le Président brésilien Lula vient de démarrer. C'est finalement le Bella Center qui accueille les représentants des continents et différents groupes. Hillary Clinton intervient au nom de Barack Obama, actuellement en route pour la capitale danoise. Le président américain arrivera dans la matinée au Bella Center.

  • Jeudi 17/12. Bella Center. 20h30.

Un document interne et ultra confidentiel du secrétariat des Nations Unies a été publié par le quotidien britannique The Guardian. 8 pages d’un rapport qui font l’effet d’une bombe au Bella Center. Selon ce document, si les réductions de gaz à effet de serre négociées à Copenhague étaient votées et ratifiées, la température de la terre n’augmenterait pas de 2 mais bien 3°C. D'après le Guardian, une telle hausse exposerait 170 millions de personnes supplémentaires à la montée du niveau de la mer, 550 millions de citoyens souffriraient de la faim et 50% des espèces pourraient disparaître. Aucune réaction officielle depuis la publication du rapport. Mais après la résignation des parties à se contenter d’un accord politique, le document jette un nouveau pavé dans la marre.

  • Jeudi 17/12. Hôtel d’Angleterre, centre de Copenhague. 19h30.

Nicolas Sarkozy et Lula se présentent enfin devant la presse française et brésilienne. Les deux présidents sortent d’une réunion de travail commune. Ils n’en ont pas eu assez, ils réclament une autre avec les pays de chaque région du monde. « Il ne s’agit pas pour nous de remplacer ce qui a été fait mais de proposer un chapeau politique avec des principes politiques ».

Le Président de la République insiste : « Nous ne voulons prendre la place de personne mais nous voulons faire le travail de préparation absolument indispensable sans quoi sans lequel il n’y aura pas un accord entre 192 délégations ! S’il avait fallu commencer à travailler demain à 9h, on nous aurait prévenu et on serait venu demain à 9 heures moins le quart alors ! A moins que vous considériez qu’on soit là… c’était bien pour qu’on prenne un verre Monsieur Lula et moi, remarque on peut aussi. On n’aime pas forcément les mêmes boissons ! »

  • Jeudi 17/12. Hôtel d’Angleterre, centre de Copenhague. 16h30.

Nicolas Sarkozy est au Bella Center. Les journalistes français sont à son hôtel pour l’écouter. Distribution du discours à la presse, en avant première. Un des salons de la demeure a été aménagé en salle de presse avec scène, éclairage et cabine de traduction. Le Président de la République doit après son discours accompagner le Président Brésilien Lula pour une conférence de presse conjointe. Pour l’instant Nicolas Sarkozy est sur les écrans plasmas de l’hôtel d’Angleterre.

« Il reste moins de 24 heures, si on continue comme ça, c’est l’échec », menace-t-il. « La conférence de Copenhague ne peut pas consister en une succession de discours qui ne se confrontent jamais. Nous ne sommes pas ici pour un colloque sur le réchauffement climatique, nous sommes ici pour prendre des décisions », sermonne-t-il, dans son style habituel.

=> La figure de style du jour : l’anaphore  avec « Qui osera ». « Qui osera dire que l'Afrique n'a pas besoin d'argent ? Je le dis aux Africains. Ne vous laissez pas voler cet accord ! »

=> L’annonce du jour : l’organisation d’une réunion au sommet pour préparer la dernière plénière demain matin. Après le dîner chez la Reine du Danemark.

=> La fin annoncée d’un traité légalement contraignant conclu à Copenhague : « Mettons-nous d’accord sur un chapeau politique qui reprend peu ou prou les engagements politiques (ndlr : de Kyoto et de la Convention). Négocions cette nuit d’arrache-pied et demain entérinons tous ensemble l’accord qui aura été posé, et donnons-nous 6 mois après la conférence de Copenhague pour transformer ces engagements politiques en texte juridique ». 

  • Jeudi 17/12. Salle Tycho Brahe. 16h30.

Déclaration inquiétante de Robbert Gibbs, porte-parole de la Maison Blanche : « Un mauvais accord à Copenhague serait pire que pas d'accord du tout ». Rumeurs et petites phrases envahissent le Bella Center. Difficile de s'y retrouver, de comprendre les stratégies et surtout de vérifier. 

  • Jeudi 17/12. Salle Tycho Brahe. 15h.

Son Altesse Albert de Monaco se présente devant l’assemblée des nations réunies à Copenhague. Le Prince cite Claude Levis Strauss, récemment disparu : « Le savant n’est pas celui qui trouve les réponses, mais celui qui pose questions ». Albert de Monaco rend hommage aux scientifiques et espére que son pays, « aussi petit par la taille soit-il », atteindra la neutralité carbone avant 2050.  

  • Jeudi 17/12. Centre de Presse au Bella Center. 14h30.

Les annonces s'enchaînent à Copenhague. Le vent tournerait-il? Le ministre de l'Environnement indien indique que la Chine aurait accepté la transparence sur ses émissions de gaz à effet réclamée par les Etats-Unis. Egalement, selon Lucia Müzell, journaliste brésilienne du portail internet Terra, le Président brésilien, Lula, devrait annoncer cet après-midi, le déblocage d’une aide de 5 milliards de dollars pour le fond Global du changement climatique. Cette somme est destinée à l’aide des pays émergents et en développement. Le Brésil qui aide le Brésil. Surprenant. La présence des chefs d'Etats et Gouvernements semble débloquer les négociations pour ce qui est des annonces.

  • Jeudi 17/12. Salle Tycho Brahe. 13h45.

Devant une salle à moitié vide, Shimon Pérez, chef d'Etat israeélien, vient de prononcer un discours qui aurait mérité davantage d’oreilles. Morceaux choisis : « Il faut séparer l’environnement de la politique », « il faut construire une coopération environnementale indépendante de la politique. Les désaccords politiques ne doivent pas nous influencer », « les rivières ne requièrent aucun visa », « Juïfs, Musulmans, Chrétiens, nous devons cultiver et préserver le jardin d’Eden », « Israel tend la main aux pays à l’intérieur et à l’extérieur de notre région pour la partage des technologies », « l’appel de la nature est celui de la bible ». Le Président de l’Etat d’Israel quitte la scène à pas hésitants sous les applaudissements des délégués qui ont patienté pour leur pause déjeuner.

  • Jeudi 17/12. Copenhague. 13h08.

Email de la part du WWF en réaction aux annonces de Mme Clinton. « Les 100 milliards de dollars proposés par la Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton sont une surprise et apportent un second souffle à des négociations qui cafouillaient. Cette somme est un pont entre les besoins des pays développés et ceux en développement, et cela change la donne dans les discussions générales. Ce qu’il reste encore à obtenir est un accord entre les Etats-Unis et la Chine sur la définition de la transparence et un engagement du Président Obama à faire de la loi climat sa priorité pour la nouvelle année à venir ».

  • Jeudi 17/12. A la sortie de la conférence de presse. 12h.

Dessima Williams, Présidente de l’Association des Petits Etats Insulaires (AOSIS), se veut rassurante. Les négociations ne sont pas bloquées. Des appels téléphonique avec le Président Obama, la veille, et le Premier ministre Chinois, Wen Jiabao, ont permis de repartir sur de bonnes bases.

  • Jeudi 17/12. Salle de conférence de presse. 11h30.

Celle qui aurait pu devenir la première Présidente des Etats-Unis monte à la tribune. Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat (équivalent du ministre des Affaires Etrangères chez nous), crépite sous les flashes. Statique, pas un bruit. Un geste, les photographes appuient sur la gâchette. Et ça se bouscule. Dans son allocution des annonces.

=> Financements : les Etats-Unis acceptent de participer à une enveloppe globale de 100 milliards de dollars pas an et d’ici à 2020. Cette enveloppe doit être remplie par les Etats industrialisés. Les pays émergeants avaient demandé que cette « contribution-aide-à-l’adaption-mais-pas-au-développement-dette-écologique » se rapproche de 300 milliards.

=> Conclusion de l’accord de Copenhague : l’ex-Première Dame des US répète, voire martèle que les Etats-Unis sont prêt à s’engager corps et âme pour l’accouchement du traité. Mais cela doit se passer en total « transparence ». Pas de langue de bois, Hillary accuse les pays émergeants (la Chine en premier) de faire « marche arrière » sur ce point. Les Chinois ont, jusqu’à présent, refusé tout contrôle de leurs émissions de gaz à effet de serre. « S'il n'y a même pas un engagement sur la transparence, nous considérons qu'il ne peut y avoir d'accord. Il doit y avoir un engagement sur la transparence », a-t-elle menacé.

=> Réduction de gaz à effet de serre : pas de changements. Toujours 17% par rapport à 2020.

=> La venue du Président : mi-figue, mi-raisin. Mme Clinton n’a pas confirmé ni infirmé la présence de Barack Obama demain. Mais il est difficilement imaginable que le Président américain ne fasse pas le déplacement.

  • Jeudi 17/12. Centre de Presse du Bella Center. 10h15.

Les journalistes sont libérés. Portiques de sécurité et interdiction de pénétrer dans le hall principal sans une escorte ont été levés. 3500 membres de médias à surveiller, ça fait beaucoup à surveiller...

  • Jeudi 17/12. Salle Tycho Brahe. 10h.

Les allocutions des chefs d’Etats et de Gouvernements ont repris dans la salle plénière. Après leur passage en conférence de presse, le nouveau duo Mexique - Royaume Uni se présentent devant les 193 délégations. Nicolas Sarkozy interviendra dans l’après-midi. En toute fin d'après-midi, il tiendra une conférence de presse avec le Président Brésilien, Lula.

  • Jeudi 17/12. Salle de Conférence de presse. 9h30.

Le « beau monde » débarque déjà au Bella Center. Pour démarrer, Gordon Brown, Premier ministre britannique, et Felipe Calderon, Président du Mexique, sont côte à côte face aux journalistes. Objectif : sauver le traité de Copenhague. Ce matin, un délégué danois, sous couvert de l’anonymat et repris pas l’ensemble de la presse, a annoncé que l’accord ne correspondrait pas aux attentes.

Gordon Brown félicite son homologue pour avoir joué un rôle de leader dans les propositions d’accord. Le Mexique accueillera la prochaine conférence sur le climat (Cop) en 2010. Gordon, demande à l’assistance (les journalistes) d’applaudir Calderon. Le Britannique lui remet même un trophée.Jeudi 17/12. Centre de Presse du Bella Center. 8h50. Crainte confirmée. De nouvelles règles de sécurité viennent d'être mise en place. Annonce générale version « ici la voix ». Les journalistes ne sont pas autorisés à se déplacer seuls dans le hall principal qui mène à la fois à la salle de conférence de presse et à la salle plénière Tycho Brahe. Après l'installation de portiques de sécurité et d'un tapis roulant rayons X, voila la presse parquée! Pour se déplacer le journaliste du quotidien britannique The Guardian hurle « Comment allons-nous faire notre boulot? ».  Et dire que Barack n'arrive que demain. Pas de « french hot dog » aujourd'hui pour le déjeuner. La presse se contentera des excellents sandwiches mayo du coin cafet de leur nouveau bunker. Ca frise le ridicule !

  • Jeudi 17/12. A l'entrée du Centre de Presse du Bella Center.

Le chef de la sécurité briefe ses troupes. Comme un mauvais coup de paranoïa qui se prépare.Jeudi 17/12. Dans les rues de Copenhague. 7h15. La capitale danoise se réveille sous un manteau blanc. Presque 10 centimètres sont tombés dans la nuit. Pas grand monde dans le métro à cette heure bien matinale. Idem à l'entrée du Bella Center. Jamais le passage de la grille n'aura été aussi rapide. En dépit de l'accueil sous haute sécurité. Au moins 10 gardes/policiers fluorescents pour vérifier les accréditations.

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